Lettre du dimanche : 12e dim ordinaire B

Le Seigneur dit à Job :  ” … J’enveloppai (la mer) de nuages pour lui servir de langes, je lui imposai des limites … “

En cette année B 2018, le 12e dimanche ordinaire coïncide avec la solennité de Saint Jean-Baptiste, précurseur du Seigneur. Bien que, en beaucoup d’endroits, cette solennité l’emporte sur le 12e dimanche, nous avons opté pour la poursuite du cycle ordinaire

Première lecture : Job 38, 1.8-11

Comme lors des théophanies, Dieu se manifeste à Job du sein de la tempête. Dans un langage poétique, imagé, Il apparaît à la fois comme Celui qui impose ses lois aux éléments tout en se souciant du vêtement de la mer, l’enveloppant de langes ! Ainsi peut-on discerner en filigrane les deux visages de Dieu : ‘Elohim, le Juge, parce qu’il fait les lois, et Adonaï (tétragramme), le Dieu de miséricorde, l’Amour, qui prend soin des ses créatures comme une mère de ses enfants.

Évangile : Marc 4, 35-41

En écho à la Première lecture qui montrait Dieu fixant ses limites à la mer, ce passage de Marc retrace un épisode sur la mer de Galilée où survient une tempête ! Jésus y manifeste sa divinité en imposant sa loi à la mer. Plutôt qu’un reproche à l’endroit de ses disciples, ne faut-il pas voir un questionnement de Jésus, les invitant à s’interroger eux-mêmes sur la scène dont ils viennent d’être les témoins ? Toujours cette manière biblique d’éducation qui respecte l’homme dans sa liberté en ne lui imposant pas une réponse extérieure mais en suscitant sa recherche.

Psaume 107(106), 21-26. 28-31

Ce long psaume (43 versets) d’action de grâces (Rendez grâce au Seigneur de son amour) ouvre le cinquième livre des Psaumes. Il retrace toute l’histoire du peuple hébreu et les innombrables « saluts » que Dieu n’a cessé de leur prodiguer, preuve que le Dieu qui fait les lois est en même temps un Dieu qui sauve.

Deuxième lecture : 2 Corinthiens 5, 14-17

Depuis le 11e dimanche ordinaire, la seconde lettre de saint Paul aux Corinthiens est lue en continu. Ce passage, centré sur Jésus mort et ressuscité par amour pour tous les hommes, ne semble pas immédiatement en rapport avec les deux premiers textes. (mais….)

Conclusion :

On aurait pu donner comme titre à ce dimanche : « N’ayez pas peur ! » à condition de poursuivre comme, dans l’évangile, « Demeurez dans la crainte ! » crainte qui reconnaît en Dieu (Celui qui est) le Maître absolu, le seul, dont l’amour est à proportion de sa puissance, c’est-à-dire infini.

Notes

La Peur n’est pas la crainte :

  • La peur est une émotion, un sentiment non raisonné provoqué le plus souvent par l’inconnu.
  • La crainte biblique, quant à elle, est révérence, respect, né de la conscience d’une distance. Distance par rapport à l’inconnu certes (Dieu demeure le Tout Autre), mais révérence qui s’éduque, donc peut grandir au fur et à mesure que l’on cherche Dieu pour s’en rapprocher et que la distance devient de plus en plus consciente.

Textes parallèles

  • Exode 19, 16 : … Il y eut des coups de tonnerre, des éclairs et une épaisse nuée sur la montagne…
  •  Marc 9, 6-7 : (Les disciple) furent saisis de frayeur. Une nuée survint qui les prit sous son ombre…
  •  Actes 2, 2 : Tout à coup vint du ciel un bruit tel que celui d’un violent coup de vent…

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Source de l’illustration : Andreas Achenbach (1815 – 1910). Clearing up, coast of Sicily. 1847. Walters Art Museum, USA