Lettre du dimanche : 3e dim ordinaire B

Introduction : Marc, au début de son évangile, nous présente Jésus comme celui qui paraît prendre la relève de Jean, le Baptiste. C’est ainsi, sans doute, que les gens de Galilée l’ont perçu et l’ont accueilli, ne se doutant pas encore qu’en Jésus, le règne de Dieu était tout proche. En introduisant dans la première lecture, le prophète Jonas, le seul prophète juif envoyé aux païens, la liturgie prépare déjà l’éclairage qui va nous permettre de découvrir progressivement l’identité de cet homme extraordinaire qui séduisait les foules.

Première lecture : Jonas 3,1-10

Après avoir tenté d’échapper à sa mission, le prophète Jonas, se met en route, et va porter aux Ninivites (païens) la Parole du Seigneur. Le récit de l’Ancien Testament qui nous relate la mission de Jonas témoigne que la miséricorde de Dieu laisse à chacun le temps de la teshouva (conversion).

Les « quarante jours », souvent mentionnés dans l’Ecriture, ont une valeur symbolique et représentent le temps nécessaire à une transformation, à une conversion, à faire advenir un être nouveau. Les maîtres de la Tradition orale du judaïsme parlent des « 40 semaines de l’embryon » (neuf mois de la grossesse) : temps d’une gestation.

Psaume 24 :

David célèbre dans ce psaume la fidélité du Seigneur envers celui qui se repent de ses fautes, tels les Ninivites. Oublie les révoltes de ma jeunesse. 

Deuxième lecture : 1 Corinthiens 7, 29-31

La lecture suivie de la lettre aux Corinthiens nous offre-t-elle, en ce dimanche, un lien avec les autres lectures ? Ce passage nous enseigne peut-être la vigilance nécessaire pour éviter de s’enliser dans les obstacles qui empêchent de répondre aux appels du Seigneur.

Evangile : Marc 1, 14-20

Le récit de l’appel des quatre premiers disciples par l’évangéliste Marc n’a rien de superflu, et suscite spontanément le souvenir de celui de certains prophètes : Elisée, Amos… L’appel à suivre Jésus demande une réponse immédiate et inconditionnée. Cela comporte des risques ! Mais, ma grâce te suffit.

Conclusion :

En ces dimanches « ordinaires » nous voyons progressivement s’accomplir ce qui était annoncé par Jean-le-Baptiste et par Jésus lui-même depuis son baptême : Le Royaume de Dieu est tout proche. Ce monde tel que nous le voyons est en train de passer.

  • Notes 

Jonas : Fils d’Amittaï, originaire de Galilée, au nord de Nazareth, il vécut et prophétisa sous le roi Jéroboam II (2 Rois 14,25). Classé parmi les douze « petits prophètes » (à cause de la brièveté de leur livre), le livre de Jonas a sans doute été rédigé après l’Exil. Son message ouvre à un large universalisme et répond à la question que se pose Israël : Y a-t-il un salut pour les païens ?

Ninive : Dernière des trois capitales d’Assyrie, centre de culte de la déesse Astarté. Ville païenne très importante à l’époque de Sennachérib. D’après Genèse 10, 11, elle aurait été fondée par un descendant de Noé : Achur. Epargnée sous Jonas, elle fut détruite en 612, selon la prophétie de Nahum 3,4.

Accomplir : selon la tradition orale du judaïsme le verbe accomplir peut avoir plusieurs niveaux de compréhension : FAIRE – PARFAIRE – FAIRE ADVENIR DANS L’HISTOIRE – ACHEVER A LA FIN DES TEMPS.

  • Réf. Parallèles 

1 Rois 19,19-21 : Elisée, quittant ses bœufs, courut après Elie, et dit : Laisse –moi embrasser mon père et ma mère et je te suivrai. 

Amos 7,15 : L’Eternel m’a pris derrière le troupeau, et l’Eternel m’a dit : Va, prophétise à mob peuple d’Israël. 

Matthieu 12,41 : Lors du jugement les hommes de Ninive se lèveront avec cette génération et ils la condamneront, car ils se sont convertis à la parole de Jonas. 

1 Jean 2,17 : Or le monde passe, lui et sa convoitise, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure à jamais.

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