{"id":452,"date":"2016-10-01T11:34:46","date_gmt":"2016-10-01T09:34:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cirdic.fr\/?p=452"},"modified":"2016-10-01T11:34:46","modified_gmt":"2016-10-01T09:34:46","slug":"nuit-et-brouillard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cirdic.fr\/index.php\/2016\/10\/01\/nuit-et-brouillard\/","title":{"rendered":"Nuit et Brouillard"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1328\" src=\"https:\/\/www.cirdic.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/dvd_nuit_et_brouillard_resnais-1-216x300.jpg\" alt=\"\" width=\"216\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.cirdic.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/dvd_nuit_et_brouillard_resnais-1-216x300.jpg 216w, https:\/\/www.cirdic.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/dvd_nuit_et_brouillard_resnais-1.jpg 320w\" sizes=\"auto, (max-width: 216px) 85vw, 216px\" \/>Film-documentaire d&rsquo;Alain Resnais &#8211; 1955, 32 mn.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Analyse d&rsquo;Antoine Lerondeau. SIDIC, 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Nuit et Brouillard<\/em> est un film sur la d\u00e9portation et la vie concentrationnaire <strong>et non sur l\u2019extermination des juifs<\/strong> <strong>d\u2019Europe<\/strong> mais l&rsquo;\u00e9tude des conditions de conception et de montage de ce film nous permettront de comprendre le contexte fran\u00e7ais de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre et l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 face \u00e0 la Shoah (mot pas encore utilis\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1955, le <em>Comit\u00e9 d\u2019Histoire de la Seconde Guerre mondiale<\/em>, commande au cin\u00e9aste Alain Resnais la r\u00e9alisation d\u2019un documentaire sur le syst\u00e8me concentrationnaire nazi. <!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est Henri Michel, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Comit\u00e9 qui lance ce projet destin\u00e9 \u00e0 comm\u00e9morer le dixi\u00e8me anniversaire de la lib\u00e9ration des camps de concentration par les alli\u00e9s en 1945. Il sera le conseiller historique de l\u2019\u00e9quipe cin\u00e9matographique avec une autre historienne du Comit\u00e9, Olga Wormser-Migot en charge de la gestion de toutes les archives de ce Comit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gr\u00e2ce \u00e0 elle, Alain Resnais va avoir acc\u00e8s \u00e0 deux ensembles de documents :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li style=\"text-align: justify;\">Des photos en noir et blanc prises par les SS eux-m\u00eames dans les camps ;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Des s\u00e9quences film\u00e9es en noir et blanc par les cin\u00e9astes des arm\u00e9es alli\u00e9es lorsqu\u2019a lieu la lib\u00e9ration des camps et leur \u00ab nettoyage \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alain Resnais ajoutera des s\u00e9quences en couleur, film\u00e9es par lui \u00e0 Auschwitz, et qui seront ins\u00e9r\u00e9es principalement au d\u00e9but et \u00e0 la fin du film.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Disons d\u2019abord quelques mots des <strong>personnalit\u00e9s<\/strong> qui ont contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation de <em>Nuit et Brouillard<\/em>.<br \/>\n<strong> Henri Michel<\/strong>, que nous avons \u00e9voqu\u00e9 en premier lieu, est donc \u00e0 l\u2019origine du projet. Il en est le commanditaire. N\u00e9 en 1907, il est re\u00e7u \u00e0 l\u2019Agr\u00e9gation d\u2019Histoire et G\u00e9ographie en 1932. Il a 25 ans. Pendant la guerre, il entre dans la R\u00e9sistance en Provence. En 1948, il devient directeur de recherches au CNRS et secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la <em>Commission d\u2019Histoire de l\u2019occupation et de la lib\u00e9ration de la France<\/em> qui fusionne en 1951 avec le <em>Comit\u00e9 d\u2019histoire de la guerre <\/em>(cr\u00e9\u00e9 en 1948) pour donner naissance au <em>Comit\u00e9 d\u2019histoire de la Seconde Guerre mondiale<\/em>, organisme interminist\u00e9riel rattach\u00e9 \u00e0 la Pr\u00e9sidence du Conseil. En 1947, il cr\u00e9e le <em>Comit\u00e9 international d\u2019histoire de la Seconde guerre mondiale<\/em>, rassemblant 37 pays.<br \/>\n<strong> Alain Resnais <\/strong>est n\u00e9 en 1922, et il est mort en mars de cette ann\u00e9e. Issu d\u2019une famille cultiv\u00e9e. Pour ses 12 ans, son p\u00e8re lui offre une cam\u00e9ra super 8 avec laquelle il fera ses premiers essais de tournage et m\u00eame un \u00ab Fantomas \u00bb. Quelques ann\u00e9es plus tard, fascin\u00e9 par le travail des com\u00e9diens, il d\u00e9cide de s\u2019inscrire au cours Simon. Mais il revient vers le cin\u00e9ma et finalement int\u00e8gre en 1943 l\u2019Idhec, dans la section montage, ce qui ne sera pas sans cons\u00e9quence pour sa production cin\u00e9matographique. Il produit des documentaires (Van<em>Gogh, Guernica<\/em>), puis en 1954, <em>Les statues meurent aussi<\/em>, sur le colonialisme, qui lui vaudra le Prix Jean Vigo. C\u2019est pour lui la premi\u00e8re occasion de travailler avec Chris Marker. L\u2019ann\u00e9e suivante, Henri Michel lui commande donc le documentaire <em>Nuit et Brouillard<\/em> pour lequel il recevra une nouvelle fois le Prix Jean Vigo. Alain Resnais fait un montage muet des photos et des s\u00e9quences d\u2019archives auxquelles s\u2019ajoutent les images tourn\u00e9es en couleur \u00e0 Auschwitz. Il pr\u00e9sente ce montage muet au po\u00e8te et essayiste Jean Cayrol pour lui demander d\u2019en \u00e9crire le commentaire. Ce choix n\u2019est pas d\u00fb au hasard comme nous allons le voir.<br \/>\n<strong> Jean Cayrol <\/strong>est n\u00e9 \u00e0 Bordeaux en 1911 et meurt en 2005 dans sa ville natale. Il fait des \u00e9tudes de Droit et de Lettres. Brillant, d\u00e8s 16 ans il fonde une revue litt\u00e9raire. Durant la guerre, il entre dans la R\u00e9sistance au r\u00e9seau de la Confr\u00e9rie Notre-Dame du colonel R\u00e9my. D\u00e9nonc\u00e9, Jean Cayrol est arr\u00eat\u00e9 en 1942 et d\u00e9port\u00e9 comme N.N. (Nacht und Nebel) au camp de Mathausen-Gusen (camp Gusen I). Je vais expliquer dans un instant la signification de Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard) dont N.N. sont les initiales.<br \/>\nSylvie Lindeperg, \u00e9crit dans <em>Nuit et Brouillard, un film dans l\u2019histoire<\/em> : \u00ab\u00a0Alain Resnais pr\u00e9sente donc \u00e0 Jean Cayrol le montage muet des images d\u2019archives sur la d\u00e9portation et les camps qu\u2019il vient de r\u00e9aliser. Il me semble, raconte A. Resnais, qu\u2019il est rest\u00e9 tr\u00e8s silencieux \u00e0 la fin. Je crois qu\u2019il n\u2019a pas voulu le revoir une seconde fois. Rentr\u00e9 chez lui, Jean Cayrol d\u00e9clare : \u00ab Quand j\u2019\u00e9pinglai devant mes fen\u00eatres, des images insoutenables qui soudain me replongeaient dans le concentrationnat, je devins cingl\u00e9. \u00bb Il ne retourne pas dans la salle de montage et \u00e9crit dans la douleur un beau texte sur la d\u00e9portation, mais qui n\u2019est nullement synchrone avec les images et n\u00e9cessite un consid\u00e9rable travail d\u2019adaptation. Alain Resnais s\u2019adresse alors \u00e0 Chris Marker avec qui il avait travaill\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment. Chris Marker adapte le texte de Cayrol au montage du film. Cayrol est stimul\u00e9 par ce texte et trouve alors le courage de r\u00e9\u00e9crire le texte de Chris Marker dans la salle de montage. Le commentaire a la structure propre aux \u00e9crits de Chris Marker, mais ce sont bien les mots et les pens\u00e9es de Cayrol. A. Resnais dira qu\u2019il lui \u00e9tait impossible de dire ce qui venait de l\u2019un et de l\u2019autre.\u00a0\u00bb<br \/>\n<strong>Chris Marker<\/strong>, de son vrai nom Christian Hippolyte Fran\u00e7ois Georges Bouche-Villeneuve, est n\u00e9 \u00e0 Neuilly en 1921. Il entre en 1930 au Lyc\u00e9e Pasteur de Neuilly, o\u00f9 il cr\u00e9e le journal \u00e9tudiant. Il est licenci\u00e9 en philosophie en 1941, et suit son p\u00e8re \u00e0 Vichy o\u00f9 il cr\u00e9e <em>La Revue fran\u00e7aise<\/em> sous le pseudo de Marc Dormier. Puis il passe en Suisse et entre dans la R\u00e9sistance. En 1945, peu avant la Lib\u00e9ration, il s\u2019engage dans l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine. Toute une mythologie se b\u00e2tit autour de Chris Marker. Dans <em>Immemory<\/em>, la vie de Chris Marker par Chris Marker, il r\u00e9tablit la v\u00e9rit\u00e9. Au g\u00e9n\u00e9rique de <em>Nuit et Brouillard<\/em> il est cr\u00e9dit\u00e9 en tant qu\u2019assistant r\u00e9alisateur. Nous avons vu qu\u2019il a fait beaucoup plus que cela : il a d\u00e9bloqu\u00e9 le projet. Le r\u00e9citant de ce beau texte sera Michel Bouquet.<br \/>\n<strong> Michel Bouquet <\/strong>est n\u00e9 en 1925 \u00e0 Paris dans un milieu modeste. A l\u2019\u00e2ge de 7 ans, il est envoy\u00e9 en pension avec ses fr\u00e8res, situation qu\u2019il supportera difficilement. Pendant la guerre, son p\u00e8re \u00e9tant prisonnier, il fait plusieurs m\u00e9tiers : apprenti p\u00e2tissier, m\u00e9canicien dentiste, manutentionnaire, employ\u00e9 de banque afin d\u2019apporter un peu d\u2019argent \u00e0 la maison. En 1943, il se rend chez Maurice Escande qui devient son professeur. Il entre au Conservatoire d\u2019Art dramatique de Paris en compagnie de G\u00e9rard Philippe. Compagnon de la premi\u00e8re heure de Jean Anouilh et Andr\u00e9 Barsacq au th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Atelier, puis de Jean Vilar au TNP et au Festival d\u2019Avignon, il d\u00e9bute sur les planches en 1944 dans <em>La premi\u00e8re \u00e9tape<\/em>, puis tient le premier r\u00f4le dans <em>Rom\u00e9o et Jeannette<\/em> de Jean Anouilh. En 1977, il devient professeur au Conservatoire national sup\u00e9rieur d\u2019art dramatique.<br \/>\nC\u2019est \u00e0 lui qu\u2019Alain Resnais demandera en 1955 de dire le commentaire en voix off de <em>Nuit et Brouillard<\/em>. Par respect pour les victimes, Michel Bouquet refuse que son nom figure au g\u00e9n\u00e9rique. Apr\u00e8s la musique de la voix, il faut parler de la musique instrumentale qui accompagne le film. Le compositeur sera Hanns Eisler.<br \/>\n<strong> Hanns Eisler <\/strong>est n\u00e9 en 1898 \u00e0 Leipzig. Son p\u00e8re est un philosophe de renom. Hanns d\u00e9bute la musique en autodidacte avant de devenir \u00e9l\u00e8ve de Schoenberg \u00e0 Vienne. En 1924, ses \u00e9tudes termin\u00e9es, il part pour Berlin, o\u00f9 il fait la connaissance de Brecht et Piscator. Profond\u00e9ment marqu\u00e9 par la pens\u00e9e de Marx, ses convictions communistes l\u2019\u00e9loigneront de Schoenberg, mais son \u00e9criture sera toujours empreinte du dod\u00e9caphonisme. Devant la menace nazie, il s\u2019exile aux-Etats Unis o\u00f9 il collabore avec Charlie Chaplin et signe les musiques pour les films de Fritz Lang, Joseph Losey et Jean Renoir. Victime de la chasse aux sorci\u00e8res men\u00e9e par Nixon, il rejoint Brecht en RDA, Etat dont il composera l\u2019hymne national. Il est l\u2019auteur d\u2019 une centaine d\u2019\u0153uvres, des lieder, de la musique de chambre, de sc\u00e8ne et de cin\u00e9ma et des chansons sur des textes de Brecht. Compositeur, Hanns Eisler est aussi un penseur de la musique contemporaine et de son rapport avec la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nIl est aux Etats-Unis lorsque la demande d\u2019une composition musicale pour <em>Nuit et Brouillard<\/em> lui parvient. Il accepte imm\u00e9diatement. C\u2019est Georges Delerue qui conduira l\u2019orchestre lors de l\u2019enregistrement.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Nuit et Brouillard, le film<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le titre \u00e9trange de <em>Nuit et Brouillard<\/em> est la traduction de l\u2019expression allemande <em>Nacht und Nebel<\/em>, en abr\u00e9g\u00e9 N.N., deux lettres qui seront peintes dans le dos des d\u00e9port\u00e9s appartenant \u00e0 cette cat\u00e9gorie de d\u00e9tenus.<br \/>\n<em>Nuit et Brouillard<\/em> est, \u00e0 l\u2019origine, le nom d\u2019un d\u00e9cret compos\u00e9 de deux ordonnances des 7 et 12 d\u00e9cembre 1941 pour sanctionner les attentats commis contre l\u2019arm\u00e9e d\u2019occupation, l\u2019espionnage, les sabotages, etc. et en cas de d\u00e9tention d\u2019armes. \u00ab Ces actes ne seront \u00e0 juger dans les territoires occup\u00e9s que s\u2019il est probable que des peines de mort soient prononc\u00e9es\u2026 et que si les poursuites et l\u2019ex\u00e9cution des condamnations \u00e0 mort peuvent \u00eatre men\u00e9es avec le maximum de diligence (8 jours). \u00bb<br \/>\nSi ces conditions ne peuvent pas \u00eatre remplies, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 est <strong>secr\u00e8tement <\/strong>d\u00e9port\u00e9 en Allemagne pour y \u00eatre soit intern\u00e9 en attendant les poursuites judiciaires, soit emprisonn\u00e9 dans un camp de concentration sous le sigle NN o\u00f9 il est condamn\u00e9 \u00e0 mourir d\u2019\u00e9puisement par le travail et les mauvais traitements. Le camp des NN est ouvert en mai 1941, \u00e0 Natzweiler (lieu-dit le Struthof \u00e0 50 km de Strasbourg.) Les premiers convois de prisonniers NN arrivent \u00e0 Natzweiler en juillet 1943. Les historiens estiment \u00e0 22 000 le nombre total des victimes dans ce camp. Le 30 juilllet 1944, dans le sillage de la d\u00e9b\u00e2cle allemande, et pour ne laisser aucune trace de ce processus d\u2019extermination, la proc\u00e9dure Nuit et Brouillard dispara\u00eet.<br \/>\nLe sigle NN viendrait de l\u2019op\u00e9ra de Richard Wagner, L\u2019or du Rhin, dans lequel lorsqu\u2019un personnage sur la sc\u00e8ne lance une mal\u00e9diction \u00e0 l\u2019autre : Nacht und Nebell gleich ! (Nuit et Brouillard tout de suite !) la forme humaine du personnage maudit dispara\u00eet dans une colonne de fum\u00e9e. Le sens de NN est aussi donn\u00e9 comme \u00e9quivalent de Non Nemo (personne) ou Norge und Nederland (deux pays o\u00f9 furent en premier appliqu\u00e9s les d\u00e9crets.<br \/>\nIl faut replacer le film dans le contexte de son \u00e9poque. Dans les ann\u00e9es qui suivent la Lib\u00e9ration, la classe politique fran\u00e7aise s\u2019efforce de gommer le souvenir de la d\u00e9faite et des ravages de la collaboration : tous les Fran\u00e7ais \u00e9taient r\u00e9sistants. Le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle veut entra\u00eener le peuple fran\u00e7ais dans un grand mouvement de r\u00e9conciliation et de solidarit\u00e9 nationales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>On ne niera pas la politique de d\u00e9portation et l\u2019existence des camps de concentration, mais on refusera d\u2019y voir une strat\u00e9gie pour exterminer d\u2019abord les juifs, et ce massivement. C\u2019est pourquoi le mot \u00ab juif \u00bb n\u2019est prononc\u00e9 qu\u2019une seule fois dans le film. D\u2019autre part, l\u2019\u00e9valuation du nombre des victimes mortes dans les camps est \u00e9voqu\u00e9e par le chiffre de 9 millions, qui d\u00e9passe volontairement le nombre des victimes juives (pr\u00e8s de 6 millions).<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque le film passe en commission de censure, l\u2019image d\u2019un gendarme vu de dos et \u00e0 contre jour, surveillant du haut de son mirador les d\u00e9tenus du camp de Pithiviers, l\u2019image est rejet\u00e9e par les membres de la commission qui en demandent la suppression. Le profil du gendarme est retouch\u00e9 pour ne plus \u00eatre identifi\u00e9 comme celui d\u2019un fonctionnaire fran\u00e7ais.<br \/>\nLorsque l\u2019ann\u00e9e suivante, Alain Resnais propose de pr\u00e9senter son film au festival de Cannes, les autorit\u00e9s allemandes demandent le retrait du film de la s\u00e9lection officielle. Le film sera malgr\u00e9 tout pr\u00e9sent\u00e9, mais hors concours. Cela ne l\u2019emp\u00eachera pas d\u2019obtenir le Prix Jean Vigo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Film-documentaire d&rsquo;Alain Resnais &#8211; 1955, 32 mn. Analyse d&rsquo;Antoine Lerondeau. SIDIC, 2014. 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