Lettre du dimanche : 6e dim ordinaire B

Dimanche de la “purification”

Il semblerait que le choix des textes soit guidé par la lecture continue de l’évangile de Marc. Or cet évangile cherche à dire qui est Jésus d’abord à travers ses actes. C’est ainsi que dès le premier chapitre il présente quelques scènes de guérison, ici la guérison d’un lépreux.

Première lecture : Lévitique 13,1-2.45-46
Ce texte ne peut se comprendre au premier degré. En effet, la lèpre ici n’est pas seulement une maladie comme elle l’est aujourd’hui, mais une impureté. Non pas une impureté au sens moral du terme, mais en ce qu’elle empêche de prendre part au sacré, c’est-à-dire d’approcher Dieu… en participant de quelque manière que ce soit au culte du Temple. Comme la maladie, l’impureté est contagieuse, d’où la mise à l’écart de celui qui en est victime.

Évangile : Marc 1, 40-45
Le lépreux est atteint du même mal que celui de la première lecture : une maladie qui le rend impur, c’est-à-dire à l’écart de la communauté à laquelle il est nécessaire d’appartenir pour s’approcher de Dieu. Et à Jésus il demande non pas d’abord d’être guéri mais d’être purifié, c’est-à-dire de pouvoir être réintégré parmi ceux qui participent au culte du Temple. En le guérissant Jésus n’abolit par la loi qui veut que le lépreux fasse constater sa guérison par le prêtre (cf. Lv 13, 8.16.23 .28.37). Il lui enjoint même d’aller «se montrer au prêtre» et de suivre «les prescriptions de Moïse». Par ailleurs, Jésus lui ordonne de ne pas ‘raconter’ ce qui lui est arrivé, seulement de se montrer, de ‘témoigner’ pas sa seule réintégration dans la communauté.

Psaume 102, 2-6.13.20-21
Pris dans son entier, ce psaume expose dans une première partie la plainte d’un malheureux ; dans la seconde c’est un acte de foi et de confiance en Dieu qui justifie la première : c’est parce que Dieu est Dieu qu’il est possible de lui confier sa misère et de lui demander le salut.
Cette seconde partie (à partir du verset 13), sorte de contemplation des motifs de confiance en Dieu, a été réduite à deux versets (les deux derniers de la lecture liturgique) …

Deuxième lecture : 1 Corinthiens 10,31-11,1
Ce passage de la Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens s’inscrit dans la continuité des dimanches précédents sans lien apparent avec le thème de ce dimanche

Conclusion :
Impureté qui empêche de participer au culte donc de s’approcher de Dieu, la lèpre symbolise le péché dont Jésus est venu libérer l’humanité. Ce faisant il s’inscrit dans la continuité de la tradition de son peuple en libérant de ce qui empêche de s’approcher de Dieu.

Notes
Lévitique : Troisième livre de la Tora/Pentateuque, son nom lui vient de la Septante grecque. Il devrait indiquer sa destination : le Lévitique serait d’abord destiné aux Lévites, responsables de la liturgie du Temple. Mais la tradition orale du judaïsme le nomme Torat Cohanim – loi des prêtres -, c’est-à-dire des descendants d’Aaron. Sa situation au centre de la Tora (3e des 5 livres), indique que le cœur de la vie juive est bien à chercher dans le Temple où réside la Chekina, la Présence de Dieu.

Le deuil : Parce qu’il fait référence à la mort, le deuil impose un comportement qui met à part de la société des vivants. Vêtements déchirés, cheveux en désordre …

Textes parallèles

  • Deutéronome 24, 8 : Prends garde aux cas de “lèpre”, afin de bien observer et de faire exactement ce que vous enseigneront les prêtres-lévites
  • Genèse 37, 34 : Jacob déchira ses vêtements …
  • Matthieu 26, 65 : Alors le grand prêtre déchira ses vêtements …

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