Lettre du dimanche : 2e dim ordinaire B

Après avoir fait mémoire de la venue de Jésus dans le monde, en notre chair, l’Église nous invite à le suivre.  Au fil des dimanches dits « ordinaires » c’est-à-dire de notre vie simplement quotidienne, l’Église va nous monnayer les différentes manières de le suivre.

Première lecture : 1 Samuel 3, 3b-10. 19

Le petit Samuel s’entend appeler pendant la nuit. L’appel de Dieu durant la nuit signifie que c’est au cœur de nos ténèbres que Dieu se fait entendre, Lui qui est lumière. Le texte dit en effet  explicitement  que Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur. Ce n’est qu’au troisième appel, par son nom, que, sur le conseil du grand-prêtre, il répond à l’invitation qui lui est adressée : Parle… ton serviteur écoute. Ainsi le premier temps de l’obéissance à Dieu est bien l’écoute de sa Parole.

Évangile : Jean 1, 35-42

Ce texte où le verbe ‘suivre’ (Jésus) intervient trois fois en sept versets, nous présente les premiers disciples, qui eux aussi, à l’indication d’un homme : Jean-Baptiste, se sont mis à la suite de Jésus. Quel est le sens de cette démarche ? Que cherchent-ils ? Maître, où demeures-tu ? Créé à l’image de Dieu, l’homme est fait pour lui, pour demeurer avec lui : tel est le but, le terme de la vie.

Psaume 40, 2.4.7-9.10b.11b

Ce psaume de dix-huit versets a une nouvelle fois été tronqué et réduit aux versets qui traduisent la réponse de l’homme à l’appel de Dieu : Voici je viens… Dans son entier, le psaume prend en compte la réalité de la nature humaine, à savoir la créature, qui malgré sa bonne volonté, est incapable de se tenir à son désir profond.

La dernière partie du psaume (qui n’est pas prise en compte ce dimanche) évoque les jours de faiblesse et demande à Dieu son secours, se terminant sur cet acte de foi et de confiance : Toi, mon secours et mon Sauveur, ne tarde pas !

 Deuxième lecture : 1 Corinthiens 6, 13b-15a.17-20

La lettre aux habitants de Corinthe va être lue jusqu’au Carême.  Cette lecture, relativement continue, car il y a de larges coupures, ne correspond donc pas nécessairement aux textes liturgiques du même dimanche. On peut cependant voir dans ce passage, un lien entre le corps, temple de l’Esprit-Saint, et l’appel profond de chacun à chercher à suivre Jésus pour demeurer avec lui.

 Conclusion :

De même que Samuel est conseillé par le grand-prêtre Éli pour répondre à l’appel de Dieu, c’est Jean-Baptiste qui désigne Jésus aux premiers disciples qui se mettront à sa suite. Si la recherche et la reconnaissance de Dieu sont des démarches éminemment personnelles, elles ne peuvent avoir lieu en vérité qu’à travers une médiation humaine, que les traditions juive et chrétienne appellent aussi la transmission.

  • Notes 

Le temple dont il est question dans le livre de Samuel n’est pas le Temple de Jérusalem bâti par Salomon quelque cent ans plus tard. Ce qui est alors appelé temple c’est la ‘tente de réunion’ édifiée par Moïse dans le désert (cf. Exode 25…) et depuis lors déplacée au gré des pérégrinations du peuple hébreu. Elle contient les tables de la loi, signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple. À l’époque de Samuel, la tente se trouve à Silo, à quelque 30km au nord de Jérusalem. Le grand-prêtre y demeurait jour et nuit pendant l’année de son service ; il en était de même pour Samuel qui le servait.

Dans le livre… C’est du livre de la Tora qu’il s’agit, Tora qu’il faut mettre en pratique pour accomplir la volonté de Dieu.

Agneau de Dieu : Ce nom donné à Jésus par Jean-Baptiste fait clairement référence au chant du serviteur (Isaïe 53, 7) : Tel un agneau qu’on mène à la boucherie

  • Réf. Parallèles 

Isaïe 50, 5 : Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille… 

Psaume 50, 7-15 : Ce n’est pas tes sacrifices que j’accuse… 

Psaume 51, 18-19 : Tu ne prends aucun plaisir au sacrifice… sur une haute montagne et me montra la Cité Sainte, Jérusalem. Elle brillait de la Gloire même de Dieu.

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